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Le Nutri-Score en Belgique en 2026 : entre directives volontaires, pressions juridiques et automatisation de la R&D

En 2026, le célèbre Nutri-Score et son code couleur restent un repère visuel incontournable, bien que facultatif, dans les rayons des supermarchés belges. Les origines de ce système remontent à 2018 environ, lorsque la Belgique a officiellement adopté le label et que l'Espagne a annoncé son intention d'introduire un système d'évaluation similaire. Selon une source du secteur de l'époque, l'algorithme sous-jacent repose sur le système de profilage nutritionnel développé à l'origine par la Food Standards Agency britannique (FSA-NPS), qui a ensuite été adapté par des chercheurs en santé publique en France. Toutefois, les arguments juridiques invoqués dans le cadre du règlement de l'Union européenne concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires (INCO) et la résistance de l'industrie remettent en question le paysage réglementaire actuel. Un nombre croissant de fabricants agroalimentaires opérant sur le marché belge explorent des solutions d'évaluation automatisée de la conformité nutritionnelle en temps réel, dès les phases initiales de recherche et développement (R&D) de leurs produits. Cette transition vise à intégrer les indicateurs de santé publique directement dans les logiciels de formulation de recettes, bien avant qu'un produit n'atteigne la chaîne de production physique. Alors que les associations de défense des consommateurs montent des dossiers juridiques pour inciter les gouvernements à agir, une partie du secteur agroalimentaire belge teste déjà des stratégies de conformité automatisées. ## Principaux points à retenir - **Limites de l'approche volontaire :** Le Nutri-Score étant facultatif en Belgique et dans plusieurs autres États de l'UE, les marques peuvent légalement omettre le label sur les produits obtenant de mauvais scores. - **Voies juridiques de coercition :** Les défenseurs des consommateurs affirment que le règlement européen INCO prévoit un mécanisme permettant aux États membres de contourner les lenteurs européennes et d'imposer des obligations à l'échelle nationale. - **Systèmes alternatifs :** Le dispositif fait face à une opposition internationale, l'Italie ayant notamment présenté une contre-proposition baptisée *Nutrinform Battery*. - **Un litige aux enjeux cruciaux :** Une affaire en cours devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), initiée par le groupe laitier Lactalis, mettra à l'épreuve ces interprétations juridiques. - **Évaluation à grande échelle :** La capacité du Nutri-Score à discriminer la qualité nutritionnelle des produits alimentaires a été évaluée scientifiquement dans 13 pays européens. - **Intégration technologique en R&D :** En Belgique, certains départements de développement de produits utilisent des solutions logicielles intégrées pour automatiser le calcul du score nutritionnel dès la phase de formulation. ## Le Nutri-Score est-il obligatoire en Belgique en 2026 ? La base opérationnelle de la transparence nutritionnelle en 2026 révèle une réalité bien spécifique sur le marché européen. Actuellement, l'Allemagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, le Luxembourg et le Portugal ont mis en place le Nutri-Score sur une base exclusivement volontaire. Cet élan initial en faveur d'un système facultatif a vu le jour vers 2018. Des producteurs de premier plan, tels que Danone, ont fixé à 2019 la date de lancement pour leurs articles, suivis par Iglo qui prévoyait d'introduire le Nutri-Score sur l'ensemble de son portefeuille de produits en Allemagne. Foodwatch, une organisation de défense des consommateurs, a lancé une pétition coordonnée visant à rendre cet étiquetage sur la face avant des emballages légalement obligatoire dans toutes ces juridictions. ### Le débat sur l'application sélective Foodwatch affirme que ce cadre facultatif permet une application sélective, ce qui peut compromettre l'utilité même du dispositif de notation. L'organisation souligne que tant que le Nutri-Score reste optionnel, les fabricants agroalimentaires peuvent tout simplement choisir de s'en passer, alors qu'un étiquetage en face avant ne fonctionne efficacement que s'il figure sur tous les produits comparables. En l'absence d'un étiquetage nutritionnel harmonisé à l'échelle de l'UE, Foodwatch soutient qu'un déploiement national obligatoire est indispensable pour aider les consommateurs à comparer les produits en un coup d'œil. Selon l'association de défense des consommateurs, le statu quo de 2026 en Belgique risque de masquer la réalité nutritionnelle des alternatives ultra-transformées, ce qui accélère la demande pour une législation contraignante. ## La Belgique peut-elle imposer légalement le Nutri-Score ? La volonté de combler cette faille liée au volontariat s'appuie sur une interprétation spécifique des cadres réglementaires européens. L'organisation de défense des consommateurs Foodwatch soutient, en citant une note juridique de mai 2026 rédigée par le Dr Nikhil Gokani, que les États membres de l'UE ont l'autorité requise pour rendre l'étiquetage Nutri-Score obligatoire à l'échelle nationale. Ce mémorandum conclut qu'une telle démarche unilatérale est tout à fait compatible avec la législation actuelle de l'Union européenne sur l'information alimentaire, et que le Nutri-Score est un label susceptible de répondre à ces exigences législatives. Il convient toutefois de préciser que cette conclusion ne reflète pour l'instant que la position de l'expert juridique mandaté par Foodwatch et n'a pas encore été mise à l'épreuve devant un tribunal. ### Exploiter les failles du règlement INCO Étant donné que l'étiquetage nutritionnel sur la face avant des emballages n'a pas fait l'objet d'une harmonisation spécifique au niveau de l'UE, rien n'empêche les différents États membres d'introduire des exigences nationales obligatoires, selon le mémorandum. Pour réussir à imposer cette obligation, les gouvernements doivent démontrer que leur législation remplit les conditions fixées par le règlement INCO et par les dispositions pertinentes des traités. ### Les critères de conformité obligatoire En vertu de la législation européenne sur l'information alimentaire, toute mesure nationale introduite par un gouvernement doit franchir plusieurs obstacles juridiques. Selon la note juridique de Foodwatch, une telle obligation doit satisfaire aux conditions suivantes : | Critère | Exigence en vertu du droit européen | |---|---| | **Précis et non trompeur** | L'algorithme doit refléter une science nutritionnelle vérifiable sans induire le consommateur moyen en erreur. | | **Clair et facile à comprendre** | La présentation visuelle doit communiquer un risque ou un bénéfice sans nécessiter de connaissances diététiques spécialisées. | | **Proportionné** | La charge économique pesant sur les fabricants agroalimentaires ne doit pas l'emporter sur les avantages sociétaux escomptés. | | **Nécessaire** | L'État doit prouver que cette obligation est concrètement requise pour atteindre des objectifs précis de santé publique. | Ces critères constituent un schéma directeur de la manière dont une future législation nationale devrait être structurée afin de résister aux contestations juridiques des entreprises. ## Comment l'industrie agroalimentaire conteste-t-elle la faille du règlement INCO ? Les arguments juridiques théoriques entourant le règlement INCO sont désormais confrontés à la réalité des tribunaux. De grands producteurs agroalimentaires multinationaux contestent la compatibilité globale de ce label avec le droit européen, conscients que des obligations nationales pourraient perturber les chaînes d'approvisionnement. Outre les litiges directs, des systèmes alternatifs nationaux sont également proposés pour contrer l'expansion de ce label ; par exemple, l'Italie a présenté une contre-proposition au Nutri-Score connue sous le nom de *Nutrinform Battery*. ### Des litiges à forts enjeux Un litige majeur implique le groupe laitier français Lactalis. L'entreprise a déposé un recours officiel devant le Conseil d'État français, arguant que le cadre du Nutri-Score est fondamentalement incompatible avec le règlement européen concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires. La résolution de ce litige nécessitant l'interprétation des textes européens, l'affaire sera soumise à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). L'arrêt à venir de la CJUE fera jurisprudence. Une décision défavorable à l'utilisation de systèmes nationaux obligatoires de Nutri-Score pourrait considérablement limiter la capacité de la Belgique et d'autres États membres à imposer un déploiement obligatoire dans le cadre des directives actuelles de l'INCO ; toutefois, l'issue restera incertaine tant que la Cour n'aura pas rendu son arrêt. ## Comment le consensus scientifique se compare-t-il aux données de l'industrie ? Les batailles juridiques autour du règlement INCO se font l'écho des débats qui animent les cercles scientifiques et industriels. Les institutions indépendantes de santé publique font pression en faveur d'une application universelle du label. Une note de synthèse du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), figurant dans l'index des experts de nutriscore.blog, affirme la supériorité du Nutri-Score sur les autres étiquetages nutritionnels et appelle à son adoption large et systématique dans toute l'Europe. ### Le consensus institutionnel Pour consolider le fondement scientifique exigé par la législation européenne, de nombreux scientifiques et professionnels de la santé ont soutenu des déclarations communes appelant la Commission européenne à faire du Nutri-Score le label nutritionnel obligatoire et harmonisé en Europe. La capacité du Nutri-Score à discriminer la qualité nutritionnelle des produits alimentaires a été formellement évaluée dans 13 pays européens, incluant à la fois des États membres de l'UE et des pays hors UE. Une étude distincte a également évalué et validé la capacité discriminante du système dans sept de ces pays (Espagne, Suisse, Belgique, Italie, Royaume-Uni, Pays-Bas et Suède). ### L'impact des conflits d'intérêts financiers Malgré ce soutien institutionnel, des études divergentes font régulièrement surface. Selon des analyses secondaires réalisées par les partisans du label, une étude a beaucoup plus de chances de conclure à des résultats défavorables concernant l'étiquetage nutritionnel Nutri-Score si les auteurs déclarent un conflit d'intérêts ou si l'étude est financée par l'industrie agroalimentaire. Cette corrélation mise en évidence doit être interprétée avec du recul : elle décrit une tendance observée sur un ensemble d'études, et ne signifie pas qu'une étude individuelle financée par l'industrie est nécessairement fausse. Ce schéma illustre le contexte dans lequel les industriels de l'agroalimentaire résistent à l'obligation de mise en œuvre et peuvent utiliser des données financées par l'industrie pour étayer des contestations juridiques, à l'image du recours de Lactalis. ## Comment les fabricants calculent-ils le Nutri-Score pendant la phase de R&D ? Pour les développeurs de produits alimentaires belges, la perspective d'une obligation nationale conforme au règlement INCO modifie la façon d'utiliser le Nutri-Score. Attendre que la recette d'un produit soit finalisée pour calculer sa note nutritionnelle comporte des risques tant mathématiques que financiers. L'algorithme du Nutri-Score s'appuyant fondamentalement sur des paramètres établis de profilage nutritionnel, les ajustements de la teneur en sucre, en graisses ou en sel nécessitent des calculs précis et continus. ### Les technologies de formulation en temps réel Pour anticiper la gestion de ce risque réglementaire, les fabricants les plus prévoyants se tournent vers des logiciels d'entreprise spécialisés. Les modules professionnels de gestion des recettes intègrent désormais les calculs du Nutri-Score dès l'étape de formulation. Un calculateur Nutri-Score intégré nativement dans des systèmes tels que SAP Recipe Development permet de calculer la note de manière automatique et en temps réel pendant la phase de développement du produit. ### Atténuer les risques liés à la mise sur le marché En intégrant l'algorithme de notation dès les premières étapes de formulation, les modifications de recettes peuvent être immédiatement évaluées pour mesurer leur effet précis sur le score final, bien avant la conception ou l'apposition du label sur l'emballage. Si un ingénieur agroalimentaire modifie une recette, le logiciel SAP recalcule le Nutri-Score en temps réel, affichant instantanément l'impact sur la note finale. Cette automatisation permet de garantir que les ajustements de formulation répondent directement aux exigences du règlement INCO, selon lesquelles l'information sur les denrées alimentaires doit servir des objectifs de santé bien précis. Elle offre ainsi à certains fabricants belges la possibilité d'anticiper le statut de conformité d'un produit avant même son lancement sur le marché. ## Conclusion Alors que le débat sur la transparence nutritionnelle s'invite devant les plus hautes juridictions européennes, la réalité opérationnelle des producteurs agroalimentaires s'adapte en conséquence. Quelle que soit la décision finale de la CJUE concernant le recours de Lactalis, l'intégration d'outils automatisés d'évaluation nutritionnelle démontre que la conformité proactive devient la nouvelle norme. La capacité technique d'optimiser les indicateurs de santé dès la conception de la recette garantit aux acteurs de l'industrie agroalimentaire belge de conserver une véritable agilité structurelle.

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